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L’audace d’Entreprendre – Contribution de Eulodie Hodonou

L’audace d’Entreprendre – Contribution de Eulodie Hodonou

L’ouvrage  » L’Audace d’Entreprendre : Une jeunesse en Action  » mène des réflexions sur les défis de l’entrepreneuriat dans le contexte africain et propose des approches réalistes pour y faire face. On y découvre également le parcours d’entrepreneurs de divers domaines – ce sont des exemples concrets et inspirants pour les jeunes. L’ouvrage est préfacé par Ibrahima Théo Lam, et Marcellin Gandonou est intervenu pour l’avant-propos.

Les entrepreneurs ayant contribué à cet ouvrage sont : Epiphane Senou, Adjaratou Lawani, Sessi Hounkanrin, Odile Gnonwin, Eulodie Hodonou, Caludia Togbe, Natacha Agbahoungba, Paula Gnancadja, Moustakimou Sadji, Riva Bonkoungou et Ada Bocoum.

L’Auteur, par ce canal, les remercie à nouveau pour le temps et les sacrifices.

A travers cette tribune, nous partageons avec vous la contribution de Eulodie Hodonou (@EulodieH). Cliquez pour tweeter

« L’audace d’entreprendre » est un projet d’écriture auquel je n’ai pas hésité à contribuer car je suis toujours partie prenante de pareilles initiatives qui encouragent l’apprentissage, l’éducation des jeunes par le vécu et l’expérience des autres dans des domaines divers. Je suis Eulodie HODONOU, spécialiste des sciences et techniques agronomiques, option : production végétale. Je suis vice-présidente d’une Organisation Non Gouvernementale dénommée  Women Agricutural Promotion (ONG WAP) qui œuvre pour la promotion et le développement des activités agricoles génératrices de revenus pour les jeunes et les femmes en milieu rural. Je suis également directrice de GLESSI, une entreprise qui a pour but de faire la lumière sur les activités et les innovations des femmes des milieux ruraux de l’espace UEMOA afin qu’elles puissent se faire connaitre et bénéficier des opportunités au même titre que les entrepreneurs agricoles des grandes villes grâce au magazine Gléssi Mag (un bimestriel dédié à la femme agricole et l’agrobusiness en Afrique). Aussi faut-il noter que GLESSI accompagne également les entreprises et les ONG intervenant dans le domaine agricole et agrobusiness à travers la communication digitale (avec le service Gléssi Digital+) afin de booster leurs produits et services.

Par ailleurs, en 2018, j’ai été lauréate du concours « Meilleure Startup du Bénin » et doublement distinguée par l’Organe Consultatif de la Jeunesse (OCJ) pour mon leadership à la tête de mon organisation et mon travail pour la promotion des jeunes et des femmes.

Finaliste du concours de présentation de plan d’affaire, Get in the ring Cotonou 2019, j’ai été distinguée « Meilleure Entrepreneure Femme » en juillet 2019 par BéniBiz. En février 2020, j’ai été lauréate de la deuxième édition du concours international Femmes Noires Inspirantes organisé dans le cadre du Mois de l’Histoire des Noirs en Afrique par Africa Mondo. En Novembre 2020, j’ai été nominé, par la Fondation allemande Friedrich Ebert Stiftung, parmi les jeunes leaders du Bénin pour un programme unique de reconnaissance et de formation en leadership.  

En plus de mon engagement aux côtés des femmes rurales, je travaille pour la défense des droits des enfants en tant que Coordonnatrice Ouémé de l’Association Nationale des Conseils d’Enfants  du Bénin (ANACEB).

Dans la logique de ce qui m’a inspiré à devenir entrepreneure, il faut remarquer que la plupart des nourritures consommées est produite dans les zones rurales par les femmes. Ces dernières contribuent à plus de 37% de l’économie agricole mais malheureusement, ne perçoivent que 5% des aides techniques et financières. En matière d’innovation agricole et agroalimentaire, les femmes ne sont pas reconnues. Elles n’ont pas accès aux ressources de base, ni à la technologie, ni à l’information. Peu d’entre elles décident de saisir des opportunités, de participer à des formations et des conférences à cause du manque de leadership.

Pour offrir plus de chance à ces femmes, leur permettre d’avoir accès aux opportunités, de faire d’elles des leaders du monde agricole au Bénin et en Afrique, il fallait penser à trouver des solutions aux différents problèmes rencontrées par les femmes agricoles  rurales. C’est ainsi que j’ai cofondé WAP en 2014, pour offrir des appuis techniques aux femmes agricoles des zones rurales en mettant notre savoir-faire à leur service. Ces appuis techniques consistent en des renforcements de capacités, des formations sur les normes et qualité d’hygiène, sur le leadership féminin, les nouvelles techniques de production agricoles, de transformation et de stockage, en agriculture biologique ; en HACCP ; en montage de projets et création de valeurs. Avec le temps, nous avons voulu offrir une visibilité aux femmes rurales à travers le monde. C’est ainsi qu’est né le magazine GLESSI dans l’optique d’offrir plus de chances et visibilité aux femmes rurales et faire lumière sur leurs prouesses.

Mon idée d’entreprise, pour le résumer, consiste donc à valoriser la femme rurale et de lui permettre de bénéficier des opportunités au même titre que les entrepreneurs agricoles, de faire connaitre leurs produits et de les faire connaitre au monde.

D’après nos enquêtes, il existe des magazines dédiés à la femme de façon générale (mode, santé, affaires, leadership…), des magazines dédiés à l’agriculture, mais nulle part au Bénin et en Afrique, il n’existe aucun magazine dédié à la femme agricole. De même, en ce qui concerne les appuis aux femmes dans le domaine agricole, il n’existe pas de structure capable d’appuyer les femmes rurales au Bénin en dehors des groupements d’intérêts économiques et des coopératives européennes. C’est ainsi que nous avons décidé d’accompagner ces femmes mais également les jeunes entrepreneurs agricoles sur fonds propres en leur donnant des formations qui cadrent avec leur réel besoin.

L’écosystème entrepreneurial béninois est un monde en pleine émergence. Dans les dynamiques actuelles, beaucoup d’efforts restent à fournir pour relever les défis que rencontrent les jeunes entrepreneurs. Il faut noter que dans l’accomplissement de nos activités, le plus grand problème que nous avons est le manque de financement. C’est vrai que nous faisons tout sur fond propre mais nous voudrions faire plus aux jeunes et femmes entrepreneurs agricoles des zones rurales en leur donnant accès aux ressources de base, à la technologie et à la recherche. Dans l’espoir qu’on aura accès à des financements d’ici là, nous travaillons avec le peu de moyen que nous avons.

Comme dit l’écosystème entrepreneurial est en pleine construction au Bénin. Les dispositifs entrepreneuriaux mis en place par l’Etat comme le FNPEEJ, l’ANAPEJ sont des initiatives que je félicite, car ils font leur possible pour faciliter l’accès au financement. Elles permettent aux jeunes de se faire former et de créer leurs entreprises tout en bénéficiant d’un appui technique et financier. Grace à ces initiatives, le secteur de l’emploi (salarial et indépendant) offre de nombreuses opportunités aux jeunes. Mais tant qu’il reste à faire, beaucoup de dynamiques restent à construire notamment en rendant plus efficaces et en renforçant les interventions des différentes structures existantes pour sortir la masse importante de jeunes vivant encore dans l’ombre du chômage, sans perspectives aucunes.

En parlant du défi financier, il faut dire que ce n’est pas uniquement l’argent qui crée une entreprise. Je pense qu’on n’a pas besoin de gros moyens avant de créer une entreprise ; le plus important pour entreprendre, c’est d’abord l’idée d’entreprise innovante et l’union avec des personnes qui croient au projet et qui partagent la même vision d’entreprise. On aura beau investi dans un projet mais sans une ressource humaine compétente, capable de contribuer à l’atteinte des objectifs, c’est un échec garanti ; le plus important, c’est donc le capital humain.

L’entreprenariat des jeunes, au Bénin, est confronté à beaucoup de difficultés. Il s’agit, entre autres : de l’hésitation des jeunes à s’engager pour leur propre compte faute d’expérience ; du problème d’accès au crédit à cause de la frilosité des banques et de la mauvaise qualité des plans d’affaires présentés par les jeunes et soumis au financement. Un réel travail de renforcement de capacités devra se faire à ce niveau.

L’entrepreneuriat est comme une nouvelle mode au Bénin et les jeunes qui y aspirent, en majorité, n’attendent plus le soutien de l’Etat avant de commencer. Ils créent des entreprises avec un état d’esprit bien particulier. Leur principal objectif : résoudre les problèmes auxquels sont confrontés leur communauté et améliorer leur qualité de vie par la création d’entreprises responsables et économiquement viables. Mais ces entreprises émergentes, pour la plupart, ont de faible taux de réussite si elles n’arrivent pas à avoir, à un moment du processus, les appuis technique et financier nécessaires.

En admettant que je sois à un poste de responsabilité qui me met au cœur des enjeux entrepreneuriaux dans mon pays, pour réussir ma mission, je favoriserai le développement inclusif des jeunes et femmes entrepreneurs agricoles en les accompagnant vers l’accès au financement, aux ressources de base, à la technologie et à la recherche. Car je suis convaincue que le développement de ces deux maillons favorisera la croissance économique de mon pays.

Aux jeunes qui liront cet écrit, je voudrais dire que la création d’une entreprise peut s’apparenter à un parcours d’obstacles. En tant que jeune entrepreneur, vous devrez innover afin d’avoir un impact économique. Une forte motivation et une grande confiance devront vous caractériser afin d’avoir les ressorts nécessaires pour vaincre toutes les tracasseries qui ne manqueront de surgir, souvent là où vous ne les attendez pas. Une motivation à toutes épreuves est donc nécessaire !

Pour finir cette tribune, je voudrais, une fois encore, remercier José Herbert AHODODE de m’avoir invité dans cet ouvrage pour apporter ma contribution. L’entrepreneuriat n’est jamais un long fleuve tranquille. C’est une course à la crédibilité et à la légitimité. Et une fois ces deux piliers bien enracinés, il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Il faut continuer à viser l’amélioration, à entretenir une image de marque durement mise en place. Soyez prêts à faire des choix risqués mais potentiellement gagnants. Bon courage aux futurs entrepreneurs…

Eulodie HODONOU, Entrepreneure, Directrice de Publications du Magazine GLESSI.

Pour découvrir le reste de l’ouvrage  » L’Audace d’Entreprendre « , nous vous proposons plusieurs options :
1. Vous appréciez le contenu et souhaitez accompagner l’Auteur à travers une modeste contribution (vous payez pour l’avoir), ce lien est le vôtre : https://bit.ly/AudaceDentreprendre (payant). Vous recevrez votre exemplaire de l’ebook.

2. Vous appréciez le contenu et souhaitez accéder à la version gratuite de cet ouvrage… Ce lien est le vôtre : https://bit.ly/AudaceDentreprendre (gratuit). Il vous sera demandé de vous abonner pour recevoir l’ebook.

3. L’ouvrage est également disponible en téléchargement sur le site Generation Coaching.

Dans tous les cas de figure, nous avons pensé à vous ! Après la lecture, tous les contributeurs souhaitent avoir vos avis. Quelles réflexions et idées vous inspire la lecture de cet ouvrage ? Dites-le nous en commentaires.

A bientôt sur le Blog de José Herbert.

 

Ecrit par
José Herbert AHODODE
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